« Aussi longtemps que la société sera basée sur l'autorité, les anarchistes resteront en état perpétuel d'insurrection. » : Elisée Reclus

mardi 5 novembre 2013

Comment le foie gras tue les Landes


D'après la chambre d'agriculture des Landes, ce département est le "1er producteur national de maïs, maïs semence et maïs doux". "Le maïs cultivé dans 9 exploitations du département sur 10, représente le pilier de l'agriculture landaise". De plus, "Une part importante du maïs est valorisée directement sur les exploitations, principalement par les élevages de palmipèdes et volailles mais aussi de bovins". (Toutes les citations précédentes sont tirées de : http://www.landes.chambagri.fr/productions-vegetales/mais-et-grandes-cultures.html.)

Il suffit de parcourir les Landes pour s'en rendre compte. Hormis la faible part de maïs doux, la production concerne le fourrage. Le maïs semence alimente les futures cultures locales, donc principalement pour le fourrage, là encore. Tout ce maïs sert donc en premier lieu à l'élevage de palmipèdes, c'est à dire au gavage et à l'élevage antérieur pour le gavage. Les oiseux gavés sont principalement les canards. Les oies représentent une infime part (http://www.stopgavage.com/gavage). L'IGP canards à foie gras du Sud-Ouest qui représente la moitié de la production française stipule que les canards "reçoivent sur 12 jours minimum, 24 rations de maïs d'origine Sud-Ouest" pour le gavage proprement dit (http://www.foiegrasdusudouest.fr/foie-gras/fabrication.html). 

Plus généralement, le maïs du Sud-Ouest et spécialement des Landes (premier producteur) est l'alimentation de base des palmipèdes gavés ou destinés à l'être. Le second consommateur de maïs fourrage des Landes est l'élevage des poulets de chair. Ce qui signifie que le gavage est la première demande en maïs fourrage, et donc le premier responsable de cette monoculture qui défigure les Landes.
S'il est besoin d'expliquer en quoi le maïs fourrage dévaste les Landes : Les conditions locales permettent la production de maïs, ce n'est pas pour autant la production la plus adaptée à ces conditions. Le maïs consomme beaucoup d'eau. Malgré la disposition en eau particulièrement favorable dans les Landes, il arrive que des restrictions soient imposées aux particuliers. Or, ce sont les producteurs de maïs qui pompent la plus grande partie de l'eau. 
De plus, la quantité de maïs produite impose la monoculture. Cette méthode est particulièrement inadaptée avec le maïs qui est très gourmand en nutriments. Cela conduit notamment les producteurs à lourdement amender chimiquement le sol, chaque année, pour compenser ce que le maïs absorbe. Le maïs est également fragile à certains ravageurs comme la pyrale. La culture du maïs est donc souvent associée à la pulvérisation intensive de pesticides. Les surfaces affectées au maïs reçoivent l'énergie solaire que les plantes peuvent transformer en biomasse alimentaire ou énergétique. 
Avec la production de fourrage, et spécialement avec le gavage (sur-alimentation forcée), les surfaces, l'eau et la terre sont gaspillées, en plus d'être polluées et endommagées, pour une production de luxe, alors qu'elles pourraient être mieux utilisées en bois énergie, en alimentation végétale écologique et productive ou en étant restituées à la forêt sauvage. 
Toutes ces données sont facilement accessibles. Ce qu'on essaie vraiment de nous cacher, c'est qu'entre détruire les Landes et ne pas manger ni cautionner le foie gras, on a le choix !
                                                                                                                                                                                       Kris
                                                          Groupe Élisée RECLUS