« Aussi longtemps que la société sera basée sur l'autorité, les anarchistes resteront en état perpétuel d'insurrection. » : Elisée Reclus

dimanche 1 septembre 2013

Réforme des retraites : Manifestation le 10 septembre 2013 à Mont de Marsan

                  à 10H00 PLACE DE LA CASERNE  BOSQUET

                                                                                                                                                          

 Le racket sur nos retraites c'est le Capitalisme et l’État. Combattons-les et développons les luttes sociales !


La réforme proposée par le gouvernement ce mois de septembre annonce une nouvelle étape dans le démantèlement du système de retraite qui, dans la lignée des réformes engagées depuis 20 ans, va se traduire par une diminution des pensions, que cela soit cette fois-ci par une augmentation de la CSG, des suppressions d'avantages fiscaux, ou encore une sous-indexation des pensions et des salaires portés au compte. A long terme, les mesures envisagées comprennent le relèvement de l'âge de l'ouverture aux droits à la retraite et de la retraite sans décote, un allongement des durées de cotisations pour un taux plein, et la possibilité pour le gouvernement de réduire les pensions très rapidement selon la situation économique et sociale.

Racket sur nos retraites

Le travail salarié, c'est déjà le vol organisé des richesses que nous produisons, mais aussi celui de notre vie, par les patrons et les actionnaires et l’État. Le racket sur nos retraites, c'est l'extension de ce vol légal, qui aura pour conséquence de baisser encore le niveau des pensions de retraite et de nous déposséder de quelques années de plus de notre vie, avec à la clé une explosion prévisible des maladies professionnelles, des accidents du travail et le renforcement de la précarité des plus âgé-e-s d'entre nous.

Bien que déjà très inégalitaire, le système par répartition, concession que la bourgeoisie et l’État avaient dû faire, face aux luttes ouvrières, leur est intolérable, parce qu'il repose sur le principe de la solidarité face aux risques de la vie, et parce qu'il représente un immense gâteau, le salaire indirect, que veulent se partager les assurances et les fonds de pension.

Quoi qu’il prétende, l'enjeu de cette réforme pour le gouvernement n'est donc pas de sauver le système par répartition mais de rendre la capitalisation incontournable. Nous n'aurons alors plus que le choix de confier nos retraites aux assureurs et aux fonds de pension qui joueront notre vie en bourse, ou bien de partir avant l'heure avec des pensions de misère, à mesure que gagnera la logique capitaliste selon laquelle chacun-e devra cotiser pour sa propre retraite, sa propre santé et son chômage.

L’État au service du Capitalisme

L’État se fait l'instrument de la liquidation du système par répartition, comme des autres attaques contre les travailleurs et travailleuses, fidèle à son rôle d'instrument des classes dominantes. Ainsi c'est lui qui organise le glissement vers le marché privé de l'ensemble des activités essentielles pour la société que sont la santé, l'éducation, l'énergie, la culture, la communication.

Dans tous les pays, c'est lui qui organise pour les classes dirigeantes - économique et politique – le hold-up social sur notre dos. Il n’y a donc rien à attendre de lui, ni des gouvernements quel que soit leur parti, ni des réseaux de la gauche institutionnelle qui dépendent des socialistes (notamment en vue d’accords électoraux aux municipales).

Ni grèves de 24h, ni accords syndicaux
De même, il n’y a rien à attendre des bureaucraties syndicales car elles nous ont toujours prouvé, comme c’était le cas lors des derniers mouvements, qu’elles se résignent à accompagner le recul social en brisant toute dynamique de lutte réelle par des journées d’action sans lendemain et en inscrivant leurs perspectives revendicatives dans le cadre du Capitalisme, qu’elles considèrent comme indépassable.

Si la CGT, FO, la FSU et Solidaires affirment s’opposer à cette réforme, leurs perspectives de mobilisation ne dépassent pas pour l’instant l’appel timide à une mobilisation ponctuelle pour le 10 Septembre, et cette unité syndicale de façade volera en éclat dès que les bureaucraties chercheront à négocier, sous la pression de fractions politiques clientes du gouvernement, ou pour préserver leur statut d’interlocuteur et de partenaire du pouvoir.

De plus, s’en remettre à des négociations menées au sommet par les bureaucraties syndicales avec les organisations patronales et orchestrées par le gouvernement ne nous conduira qu’à une impasse. Le dernier Accord National Interprofessionnel (ANI) conclu en Janvier et transformé en loi en Mai 2013 a démontré une fois de plus que de telles négociations ne servaient que de chambre d’enregistrement pour les régressions sociales voulues par les classes dirigeantes.

Construire la Grève Générale à la base

Si comme nous l’assènent les bureaucraties syndicales, « la grève générale, ça ne se décrète pas », encore faut-il avoir la volonté de la construire. C’est cette volonté qui doit animer à la base tous les travailleurs et toutes les travailleuses, au-delà des appartenances syndicales.
Pour les travailleurs et travailleuses syndiqué-e-s, il s’agit de développer dans nos syndicats les conditions d’une lutte de masse, de créer des liens intersyndicaux et interprofessionnels, à la base, permettant ainsi de faire face en toutes circonstances aux manoeuvres bureaucratiques.

Surtout et au-delà, il nous faut développer des espaces d’organisation permettant d’entraîner tous ceux et toutes celles qui ne veulent plus subir dans une lutte interprofessionnelle prolongée, permettant aussi la coordination de l’action entre tous les secteurs de la population.

L’expérience du dernier mouvement des retraites de 2010 doit être mise à profit : ce dont nous avons besoin, c’est d’une grève active, avec blocage de la production, des transports, des centres économiques névralgiques. Ce dont nous avons besoin, c’est de multiplier les initiatives menées par l’ensemble de la population, dans les entreprises, les quartiers, les communes, fondées sur la construction du rapport de force.

Nous devons aussi organiser la solidarité de classe afin que l’acte de grève et la perte de salaire qui l’accompagne ne soient pas un frein à la mobilisation, notamment pour les travailleuses et travailleurs les plus précaires d’entre-nous. Cette solidarité peut prendre de nombreuses formes : caisses de grève, soutien logistique…

Face à la barbarie capitaliste, pas de statu quo : révolution sociale

Tout en participant pleinement aux mobilisations contre cette nouvelle réforme des retraites, on ne peut se contenter de revendiquer seulement l’ouverture des droits à 60 ans ou la taxation des dividendes. Ces mesures, en s’inscrivant dans le système capitaliste, n’empêcheraient pas la privatisation du système des retraites, et au-delà le démantèlement de la protection sociale, la généralisation de la précarité concernant l’emploi et les salaires, et le renforcement des inégalités sociales.

Recourir à l’État pour réguler l’offensive capitaliste est illusoire. Loin d’être le garant de l’intérêt commun, il est la force organisatrice des inégalités au service du Capitalisme. Ainsi, la résignation ou un vote sanction aux prochaines Municipales n’y changeront rien. Pour ne plus subir la dégradation de nos conditions de vie, nous devons ouvrir des perspectives de rupture avec le Capitalisme. En opposition avec ce système fondé sur l’exploitation et l’injustice sociale, nous proposons de construire une société basée sur l’égalité politique, économique et sociale, une société solidaire, sans classes et sans État, fondée sur la propriété commune des moyens de production et de distribution. Pour répondre aux questions sociales et politiques, nous proposons une organisation sociale basée sur l’autogestion généralisée de la société et sur le fédéralisme.

C’est à partir des mouvements sociaux que nous pouvons construire la gestion directe de la société, de la production et de la distribution des biens et des services pour satisfaire nos besoins. Au sein des luttes, nous pouvons dès maintenant nous organiser toutes et tous, ensemble, et décider et gérer la conduite des mobilisations, pour demain prendre en charge collectivement la conduite de la société. Ainsi ce projet de société ne peut devenir réalité qu’à travers les luttes, portées par le plus grand nombre, pour enfin sortir du Capitalisme.

Mettons le Capitalisme à la retraite…
Le chacun pour soi c’est tout le monde dans la merde…
Partageons les richesses, pas la misère !



  Groupe de Travail sur les Retraite  Relations Extérieures de la Coordination des Groupes Anarchistes