« Aussi longtemps que la société sera basée sur l'autorité, les anarchistes resteront en état perpétuel d'insurrection. » : Elisée Reclus

lundi 16 septembre 2013

Nous ne plierons pas !


« Ta couleur de peau force tes choix » The Nightwatchman

Suite à notre communiqué du 5 septembre dernier, nous publions une
nouvelle déclaration. Mercredi 11 se tenait sur le campement de Jaude
un concert de soutien aux occupant-es. En plein milieu, des
bureaucrates de la CGT et du Front de Gauche viennent démonter un 1e
barnum. Un bénévole du campement l’annonce au micro, mais est repris
et on nous explique que c’est un accord avec la préfecture : afin
d’éviter une évacuation par la police, on montre notre bonne
volonté... Nous sommes plusieurs à ne pas être dupes et des échanges
musclés ont lieu. On nous explique qu’on a « gagné », que se battre
pour des papiers n’a jamais été à l’ordre du jour... C’est le fameux «
Il faut savoir terminer une grève ».

Pendant ce temps le chantage au gymnase, dénoncé dans le communiqué
précédent, continuait. La solidarité populaire, elle, ne diminuait
pas. Le mercredi soir se tient une assemblée, ou le poisson est noyé
par les représentants CGT et RESF. Le lendemain, les autres barnums
sont démontés, il n’en reste que 2 : la cantine et le barnum médecine.
On nous somme de croire la préfecture : les 360 sont logé-es... Le
soir, la police et des militants fascistes viennent provoquer. Ils
seront repoussés avec tact et mesure.

Hier matin vendredi, en pleine cantine, les deux secrétaires en chef
de la CGT et un militant RESF viennent démonter le barnum cantine, en
nous traitant de « morpions » au passage. Comme un symbole, pendant
que les chefs démontent, des gens continuent de nous amener des sacs
de vivres, vêtements, couches... Un retraité, amenant deux sacs de
jouets pour les enfants, nous dira « On est en 40. Nous sommes les
résistants, la CGT c’est les collabos ». Entre temps, la Croix Rouge a
amené la liste des 360... au préfet.

En plein après-midi, alors que nous tentions de tenir le campement,
avec quelques demandeurs d’asile, une 15aine de membres de la BAC
arrivent, imposant un contrôle d’identité « pour notre fichier ».
Insultes racistes, comportement violent... un militant est menotté.
Devant notre refus de quitter cette place publique, c’est l’arrivée
massive de CRS... Une militante RESF se fait jeter au sol et
violenter. Elle devrait porter plainte. Nous lui assurons notre
solidarité. Un compagnon qui a tout filmé se fait détruire la caméra.
Quelques coups de matraques sont donnés. Nous passons sur les insultes
racistes et sexistes.

Durant 6h, les CRS détruiront le campement, bloquant la population.
Spontanément, 200 personnes se sont rassemblées. Une militante du camp
se fait poursuivre et arrêter par les CRS et la BAC dans un... magasin
de chaussures. Devant la foule médusée, les provocations continuent.
Est alors entonné par la foule « Police partout, justice nulle part »
et un petit « Pétain, reviens, t’as oublié tes chiens ». Une militante
RESF se fera attraper dans une petite rue adjacente, par pure
provocation.

Pire pour nous, arrivent les démonteurs de la CGT, les politiciens,
les syndicalistes (FO...) qu’on n’a jamais vu pendant 10 jours
d’occupation... Les CRS nous laissent récupérer un peu du matériel, au
compte-goutte. Le préfet reçoit une « délégation », dont le secrétaire
CGT et le démonteur RESF... Ils exigent la libération de la militante,
déjà au commissariat. Le préfet promet de la relâcher dans les 2h, fin
de la rencontre... Pour celles et ceux qui s’entêtent à croire en
l’État, elle a été relâchée... ce midi, malgré un rassemblant hier
soir devant la préfecture puis le commissariat.

Le gymnase a quant à lui été évacué par les CRS, et à l’heure
actuelle, des demandeurseuses d’asiles n’ont pas de logement. La
logique de collaboration de la part des chefs de la CGT et de RESF
avec la préfecture a eu raison de la dignité. La Pravda locale, « La
Montagne », a quant à elle joué son rôle d’organe de presse de l’État.

Cet après-midi, la mairie socialiste organisait la « Fête de l’Egalité
». Sans honte. Pas de honte non plus pour la LDH, la Cimade, le
Secours Pop qui nous ont lâche très vite et qui par contre avaient
leur stand. Malheureusement pour tous ces braves gens, 150 personnes
se sont rassemblées Place de Jaude, avec banderole, tract, mégaphone.
Évidemment, les soutiens de jamais (politicards), les démonteurs de
barnum etc étaient là... RESF obtient du peut-être futur maire PS une
prise de parole. Nous demandons à RESF que témoignent celles et ceux
qui ont vécu l’évacuation par les CRS. Ce qui nous est refusé... Pas
de vagues. Puis une 30aine de personnes partent en cortège sauvage
jusqu’à la Place de la Victoire où se tient aussi la « Fête »,
banderoles, tracts (500 de diffusés) et mégaphone « Un toit c’est un
droit, des papiers pour tous », « C’est pas les immigré-es, c’est pas
les sans-papiers, c’est le capitalisme qu’il faut virer ».

A l’heure où nous écrivons ces lignes, des demandeurs-euses d’asile
n’ont pas été logé-es, la militante sera convoquée au tribunal. Des
demandeurs-euses d’asile sont parqué-es dans un camp de rétention
improvisé en pleine ville... A la CGT tout va bien. A RESF, ça va être
compliqué... Nous saluons toutes et celles et ceux avec qui nous nous
sommes retrouvé-es lors de l’évacuation par la CGT et les CRS, celles
et ceux qui luttent jusqu’au bout sans concession. On ne lâchera rien,
jamais.

« Aux mains de l’État, la force s’appelle droit. Aux mains de
l’individu, elle se nomme crime. » Max Stirner.

Au coude à coude avec les opprimé-es, jusqu’au bout.
Contre l’État et ses auxiliaires.
Oser lutter. Oser vaincre.

Union Locale CNT-AIT 63, le 14 septembre 2013.

Confédération Nationale du Travail – Association Internationale des
Travailleurs 
 
                    Fédération du Puy-de-Dôme
               2 Place Poly, 63100 Clermont-Ferrand 

 
                              Anarchosyndicalisme!
 

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