« Aussi longtemps que la société sera basée sur l'autorité, les anarchistes resteront en état perpétuel d'insurrection. » : Elisée Reclus

mercredi 24 avril 2013

L’ACTION DIRECTE POUR LE CHANGEMENT

Il y a bientôt un an, François Hollande détrônait Nicolas Sarkozy, avec son lot de promesses pour sortir de la crise et améliorer nos conditions de vie et de travail. Certains y croyaient vraiment – comme on croit en Dieu, au Père Noël –, mais la plupart n’ont voté pour lui que pour se débarrasser de l’infâme populiste ultralibéral qui siégeait à l’Élysée depuis cinq ans.

On nous promettait le changement, donc, mais le changement n’est pas venu. Les fermetures d’usines se sont poursuivies, multipliées, et les suppressions d’emplois qui en ont découlé sont venues grossir les chiffres du chômage déjà énormes. Le candidat socialiste à l’élection présidentielle avait pourtant promis plusieurs sauvetages, s’était engagé auprès des salariés en lutte en leur promettant qu’il ne les abandonnerait jamais. Mais l’histoire ne cesse de resservir les mêmes plats et, une fois au pouvoir, le nouveau président a évidemment oublié ses engagements.

Il a même trouvé le moyen, comme n’importe quel gouvernement de droite, de ratifier un traité européen inscrivant la rigueur et l’austérité comme règle d’or de la gestion des pays. Et ce, bien sûr, sans se soucier une seconde de ce que pouvaient bien en penser ses braves sujets.
                                                              

Mais ce n’est pas tout. Car non seulement le changement n’est pas venu, mais la politique du nouveau gouvernement, non contente de seulement s’inscrire dans celle du précédent, est aussi allée plus loin. Et ce que la droite et le patronat rêvaient de faire, la gauche l’a réalisé ! Ainsi de l’accord national interprofessionnel (ANI), signé entre le Medef et quelques syndicats jaunes (CFDT, CFTC et CFE), soumettant le salariat à une flexibilité et une précarité extrêmes :

licenciements bien plus faciles, mobilité forcée dans les entreprises, expérimentation d’un CDI intermittent (alternant périodes de chômage et de travail sans les « avantages » du CDD pour contrebalancer la précarité), suppression de la sanction proportionnelle au délit pour les patrons, etc.

Question sécurité, le ministre de l’Intérieur, en la personne du roquet Manuel Valls, a aussi suivi les mêmes logiques que ses prédécesseurs fascisants de droite :
traques, enfermements et expulsions des sans-papiers, discours haineux cherchant à instaurer un climat de peur, répression des mouvements sociaux, mise sous surveillance des piquets de grève par les services de renseignement, etc.
Chômage, précarité et flicage partout, justice sociale et bien-être nulle part : c’est ainsi que peut se résumer la politique dite socialiste de la présidence de François Hollande. Une politique ultralibérale et sécuritaire dissimulée derrière quelques avancées sociétales timides (notamment l’ouverture du mariage aux homosexuels), histoire de se donner des airs de rupture.

Faut-il pour autant voter à droite aux prochaines échéances électorales ? Bien sûr que non. 
Car non seulement le changement ne viendrait pas davantage, mais on peut aussi parier que, de nouveau au pouvoir, la droite utiliserait les déboires misérables de la gauche gouvernementale pour, à nouveau, aller plus loin dans l’établissement d’une société mortifère. L’activisme homophobe et sexiste dont fait preuve la droite militante depuis quelques semaines dans la mobilisation contre le mariage pour tous nous donne déjà un avant-goût de ce qui nous attend...

Pas plus que la gauche, la droite ne nous rendra nos emplois et nos libertés individuelles et collectives, depuis longtemps piétinées par les gouvernements successifs. Les travailleurs produisent les richesses et n’en reçoivent que les miettes. Les actionnaires ne produisent rien et raflent tout. Les patrons ont besoin de nous, mais nous n’avons pas besoin d’eux. Le changement, si nous le voulons vraiment, ne viendra que de ce que nous saurons prendre en mains et gérer nous-mêmes : nos luttes. Plus que jamais, le recours à l’action directe semble nécessaire, dans nos boîtes, nos foyers, nos quartiers et nos villes. Assez de résignation, formons et animons des sections syndicales, des comités de lutte, réinvestissons la rue et les alternatives, organisons-nous et à partir de notre colère et de notre rage, répandons partout dans le pays la révolte et la révolution !


                                                 FÉDÉRATION ANARCHISTE

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